Une loi qui empêche
Une loi sur les aides devrait encourager et faciliter, et non entraver.
Une loi sur le soutien aux expositions nationales: à première vue, cela a des airs de renouveau et sonne comme un engagement en faveur de l’avenir de la Suisse. Toutefois, une lecture attentive du projet du Conseil fédéral adopté le 26 août amène à une conclusion différente: cette loi risque de devenir un obstacle.
Deux dispositions vont dans ce sens.
Premièrement, la Confédération s’engage à prendre en charge 30 pour cent des coûts au maximum. C’est peu pour un projet d’importance nationale. Mais surtout, cela envoie de mauvais signaux: qui pourra convaincre les cantons, les communes, l’économie et les partenaires privés de s’engager dans un projet de cette envergure si la Confédération elle-même ne prend que des risques limités? Une exposition nationale a besoin d’un ancrage financier national solide. 50 pour cent ne constitueraient pas un passe-droit, mais un engagement clair de la part de la Confédération.
Deuxièmement, conformément à la disposition transitoire, la Confédération ne pourra proposer un arrêté de principe et de planification qu’à partir de 2035 au plus tôt. Concrètement, cela signifie qu’une exposition avec la participation de la Confédération ne sera possible qu’au plus tôt dans les années 2040.
Ce n’est pas une perspective, mais un report à une date indéfinie. On ne peut pas mettre en réserve une exposition nationale. Les idées, l’engagement et la volonté sociale ont leur moment.
Une loi de soutien devrait encourager et faciliter, pas faire obstacle. Si la Suisse souhaite organiser une nouvelle exposition nationale, elle ne doit pas adopter une loi qui freine d’emblée sa réalisation.
De Marco Canonica, Chef de la communication de Svizra27